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Oeuvre de Lucia Ferreira - 2° - Lycée Marc Bloch - Arts appliqués - ancienne élève du Collège Foch Strasbourg.
pour mes collègues d'arts plastiques, bien souvent trop seuls dans leur établissement, mais aussi pour les ignorants qui ont toujours à médire de notre discipline et qui cherchent à la faire disparaitre, pour les administratifs sans formation, et surtout pour tous les étudiants qui ont besoin d'une aide concrète.
J'ai travaillé pendant des années dans un établissement que je qualifierai de "normalement difficile". Et donc, je n'ai pas la prétention de penser que si j'avais enseigné dans une Zep, j'aurais pu faire tout ce que j'ai fait dans mon Collège. Je ne sais même pas comment je me serais comporté ! Donc ce site n'a d'autre vocation que de montrer mon travail, de valoriser celui de mes élèves, et de les porter à la connaissance de qui peut y trouver une utilité. Ce que je dis n'engage que moi, c'est ma façon de voir, c'est ma réflexion. J'ai beaucoup travaillé pour essayer de survivre dans ce métier difficile, en essayant de faire quelque chose de valable malgré le parcours d'obstacle, les crocs-en-jambe et la mauvaise foi, et donc si ce travail peut-être utile à quelques-uns, pourquoi pas !
4-Expliquer aux parents l'importance des Arts plastiques à l'école. - Pdf 120 ko
page contacts ! bien sûr !
Il est difficile de prétendre faire du bon travail quand on a la conscience permanente de la relativité de ce " bon travail " et du contexte terriblement défavorable dans lequel on l'effectue.
Et pourtant, ce que j'écris, je le crois fermement, est de nature à aider chaque enfant. Je ne suis pas angélique au point de croire que chaque enseignant peut devenir un exemple, et se sentir investi d'une réelle mission, mais je crois à la construction progressive de meilleures conditions au recrutement, à la formation des enseignants.
Je crois aussi fermement à l'ignorance des décideurs, du réel pouvoir de notre discipline, et ce que je cherche, c'est à informer, à émouvoir, à persuader, de l'erreur considérable qui consiste à croire que l'éducation artistique est " un plus " mais au fond est " un plus superflu " , n'est qu'un "plus superflu", comme la cerise sur un gâteau, alors que nous payons tous très cher cette ignorance du rôle fondateur pour l'individu des activités créatrices.
Je crois fermement que des milliards d'aide publique ont été gaspillés et le seront encore en assistance de personnes auxquelles l'école aurait pu apporter ce message fondamental de confiance en soi et d'autonomie créatrice, parce que pendant des années la création a été assimilée à l'Art, à la culture, et donc au non rentable, donc à l'argent gaspillé.
Merci aux " énarques " ignorants et enfermés dans leur prétendu savoir intellectuel pur ! et merci aux politiques, tout aussi ignorants, de ne pas voir ce qui est criant d'urgence !
Je n'ai pas la prétention de me croire meilleur, j'ai la prétention de savoir pourquoi l'école est en échec, pourquoi toute mesure nouvelle se heurte à un mur de scepticisme, pourquoi la langue de bois s'apprend dès le plus jeune âge, et pourquoi le chômage trouve un terrain favorable dans une population passive et fataliste grâce à l'éducation nationale, et pourtant avec les meilleures intentions du monde.
J'ai besoin de crier cela !
J'en ai assez du regard condescendant de tous ceux qui se croient investis de la vérité alors qu'ils contribuent à renforcer l'inégalité des chances, l'injustice morale du savoir avec les meilleures intentions du monde. Je veux parler des professeurs des disciplines traditionnellement qualifiées de fondamentales qui sont persuadés de la supériorité de leur discipline... 40 ans de ce régime me sont devenus insupportables.
(Que tous ceux qui ne méprisent pas nos disciplines, me pardonnent ! - Mes meilleurs souvenirs d'enseignant viennent de tous les projets construits en équipe, avec d'autres professeurs, de français, de physique, d'histoire...)
Oui, il y a des solutions.
La plus urgente est de vraiment former les enseignants à cet acte "simple" qu'est l'enseignement. Je parle de leur apprendre à créer la confiance, à être eux même dignes de confiance et à respecter les enfants. Je parle de leur apprendre à encourager au lieu de décourager, je parle de leur apprendre à regarder les élèves comme des individus et des êtres humains. Je parle d'apprendre à ne jamais employer de mots qui blessent et à ne jamais humilier un enfant.
Mais si on parlait plutôt des mots qui aident, qui donnent confiance, qui rassurent, qui encouragent...
" QUE L'IMPORTANCE SOIT DANS TON REGARD NON DANS LA CHOSE REGARDEE "
(André GIDE )
C'est beaucoup plus important que de se cacher derrière les programmes (même si les programmes sont nécessaires). Si un professeur respecte les élèves, en actes comme en paroles, il est d'autant plus en droit d'exiger des élèves qu'ils le respectent et qu'ils se respectent entre eux. Apprendre à ne pas confondre autorité et autoritarisme !
Mais bien sûr c'est plus facile à dire qu'à faire.
Et enfin et peut être surtout, chercher à comprendre...
Pourquoi ne travaillent-ils pas, pourquoi se comportent-ils ainsi....?? Tout sauf des certitudes !
Pourquoi l'Education Nationale néglige-elle autant la formation psychopédagogique et le rapport à l'être humain ?
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